Un parcours de motricité avec des coussins et du ruban adhésif
Ramper, enjamber, tenir en équilibre, viser : quatre gestes fondamentaux qu'on peut installer dans un couloir en cinq minutes.
Le matériel de motricité vendu pour la maison est encombrant et cher. Un couloir, trois coussins et du ruban de masquage font le même travail, avec l'avantage de pouvoir changer tous les jours.
Les quatre gestes à couvrir
Passer dessous — une chaise recouverte d'un drap, une table. Ramper mobilise l'ensemble du corps et c'est souvent l'étape préférée.
Passer dessus — un coussin, un traversin, une pile de linge. Enjamber demande de porter le poids sur une jambe et d'ajuster, ce qui est plus exigeant qu'il n'y paraît.
Tenir la ligne — une bande de ruban adhésif collée au sol, à suivre. On peut la faire droite, puis en zigzag, puis en spirale. C'est la variante la plus économique et celle qui dure le plus longtemps.
Viser — lancer des chaussettes roulées dans un panier posé à deux mètres, puis à trois. Coordination et ajustement, sans aucun risque pour ce qui traîne autour.
Les quatre gestes tiennent dans un couloir, avec ce qu'il y a dans la maison. Ce qui les renouvelle, c'est l'ordre et la distance, pas le matériel.
Les précautions
- Un sol non glissant, ou des pieds nus plutôt que des chaussettes — c'est la cause de chute la plus fréquente sur ce type d'activité.
- Dégager les angles durs sur le parcours, et écarter tout ce qui pourrait basculer si l'enfant s'y appuie.
- Ne rien empiler d'instable pour créer de la hauteur : une hauteur modeste et stable vaut mieux qu'une hauteur impressionnante et bancale.
- Une présence adulte tout du long, comme pour toute activité motrice.
Ce qu'il ne faut pas en faire
Un test. La tentation est grande de chronométrer ou de corriger la façon de faire, et c'est ce qui vide l'activité de son intérêt. Un enfant qui refait vingt fois le même passage sans avancer dans le parcours n'est pas en train d'échouer : il est en train de travailler ce passage-là.
Ces gestes s'acquièrent sur des fourchettes d'âge très larges, et le rythme d'un enfant ne se compare pas utilement à celui d'un autre. En cas de doute sur la motricité d'un enfant, c'est au médecin qui le suit qu'il faut en parler.